Présidentielle 2015 : les quatre probables têtes de pelletons

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Présidentielle 2015 : les quatre probables têtes de pelletons

Après la délibération de la Cour Constitutionnelle de Transition, place au décryptage politique. Trente prétendants pour un seul fauteuil présidentiel pour paraphraser l’autre. Qui pour succéder à François Bozizé, le dernier président Centrafricain issu des urnes ou à Catherine Samba-Panza elle aussi issue des urnes durant cette transition ? Une question combien difficile à laquelle les Centrafricains aimeraient trouver une réponse ici et maintenant. Mais pour y aller, il faut bien commencer par un constat simple.

Il y a un contraste, mieux un paradoxe qui se dégage en ce moment. A demander à un Centrafricain l’origine de la crise, beaucoup répondront très certainement que c’est la faute aux politiques. Les politiques eux-mêmes se le disent in pecto. Certains en sont même arrivés à prôner le renouvellement de la classe politique centrafricaine, si l’on veut éviter au pays le pire des pires. Mais en dépit de cette grosse accusation dont les politiques sont la cible, il n’en demeure pas moins vrai que c’est avec passion que les populations centrafricaines sont resté collées à leurs postes récepteurs pour suivre le délibéré de la Cour Constitutionnelle de Transition sur plus de quarante candidatures enregistrées pour la présidentielle.

C’est dire que les Centrafricains veulent tourner au plus vite, la page de la transition. Cela devra passer les élections. Or, aller aux élections, c’est accepter que la crise centrafricaine est et restera politique. Ce qui fait dire aussi que sa solution est politique. Et par ricochet, aller aux élections, c’est accepter de confier pour une durée de cinq ans, la destinée du peuple Centrafricain aux mains d’un homme politique qui la gérera avec d’autres hommes politiques, selon sa politique.

D’ici le 27 Décembre prochain, les Centrafricains devront choisir entre vingt et neuf gaillards et une femme. A la lecture des candidatures, quatre personnes occuperont les pelletons de tête. Dans l’ordre de notre analyse, il y a Anicet Georges Doléguélé. Ensuite, Faustin Archange TOUADERA. En troisième position, Martin Ziguélé et en quatrième, Désiré Bilal NZANGA KOLINGBA. Les raisons de cette présentation tiennent aux possibles alliances qui se dégagent sous cape déjà entre les différents candidats.

Prenons Anicet Georges Doléguélé que les militants appellent AGD. Il pourrait regrouper autour de lui, le syndicaliste Sonny COLLE, TIMOLEON MBAÏKOUA, Sylvain PATASSE, Regina KONZI MONGOT, Jean Michel MANDABA, Moussa KEMBE, GOMINA PAMPALI, l’opérateur économique KOBA. Cette première catégorie a la forte chance de remporter les prochaines élections même au premier tout pour des raisons que tout le monde connaît. Premièrement, ce sera le moindre mal de placer un AGD, ancien Premier Ministre soutenu par un Sonny COLLE qui a longtemps milité dans le syndicalisme, une Regina KONZI MONGOT, la seule femme candidate et peut-être la courageuse des toutes. Et si les élections restent anthropologiques, l’histoire des fiefs tournera en faveur de Doléguélé qui est aussi connu des milieux maçonniques et politiques français.

La deuxième catégorie, c’est celle de l’ancienne Majorité Présidentielle du temps de François Bozizé. A sa tête, il y a un autre Premier Ministre Faustin Archange TOUADERA. Il réunira autour de lui, Charles Armel DOUBANE, Fidèle GOUDJIKA, Jean Barkès GOMBE KETTE, Jean WILIBYRO SACKO, Xavier Sylvestre YANGONGO, Serge BOKASSA, Maxime KAZAGUI. Le premier atout de cette catégorie, c’est la personne de François Bozizé qui est encore fétiche à la fois au plan national et international. Le fait de recaler François Bozizé poussera tous ses alliés à se regrouper autour de Faustin TOUADERA, un homme qui lui vouera allégeance même jusque dans la tombe.

Et c’est justement ici que naîtra la grosse et grande difficulté pour eux. Là où plane l’ombre de François Bozizé, il y a frémissements et frissons.

La troisième catégorie, c’est celle des socialistes pilotée par Martin Ziguélé. Il fera alliance avec Joseph YAKETE, un ami intime de François Hollande venu spécialement de France pour ces élections. C’est sa rentrée en politique. Il y a aussi Marcel DJIMASSE à qui l’ambassadeur de France a demandé de soutenir la candidature de Martin Ziguélé. Si le vote devrait être l’affaire des Français et surtout la seule affaire des socialistes, Martin Ziguélé pourra espérer gagner les élections.

Et par delà tout, l’impopularité de Martin Ziguélé qu’a évoquée François SOUDAN a aussi fait que l’homme qui se présente pour la troisième fois à la présidentielle, soit connu du bout des doigts des électeurs. Son grand handicap, c’est que les socialistes ne sont pas les seuls à s’intéresser à la Centrafrique. Et pour beaucoup de gens, élire Ziguélé reviendra à replonger le pays dans une grande guerre civile. Le douloureux passé du RDC et le récent passé du KNK (anti-balaka), les accusations de complot avec la Séléka le feront déchanter.

La dernière catégorie, c’est celle de Désiré NZANGA KOLINGBA, Constant GOUYOMGBIA, Emile Gros Raymond NAKOMBO tous des enfants gâtés du RDC. Même si la candidature de NAKOMBO apparaît comme un coup dur pour le RDC dans la Mambéré KADEI, il n’en demeure pas moins que les alliances de dernières minutes pourraient surprendre. S’il faut choisir un candidat Centrafricain au nom de la religion pour l’imposer, ce sera KOLINGBA né de la « bonne ethnie des riverains ». On dit que les cotisations vont bon train pour lui. Constant GOUYOMGBIA pourrait être un aplomb pour lui.

Joseph IBINGA
LA FRATERNITE

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