CENTRAFRIQUE / Arrestation de Francis Bozizé : une remise en liberté provisoire sur fond de tension

  • Johnny Yannick Nalimo/Kangbi-ndara
  • JUSTICE
Francis BOZIZE
Francis BOZIZE

L’ex-ministre de la Défense et fils de l’ancien Président centrafricain Francis Bozizé arrêté le 05 août dernier par la Mission multidimensionnelle des nations unies pour la stabilisation de Centrafrique (Minusca) et remis à la justice centrafricaine pourrait bénéficier d’une liberté provisoire cette semaine. En visite privée dans son pays après plusieurs années d’exil, il est placé en détention pour avoir fait l’objet de poursuites judiciaires internationales.

De sources sûres à la présidence de la république, Francis Bozizé, recouvrirait sa liberté provisoire cette semaine après plusieurs jours en détention à la Section de Recherche et d' Investigation de Bangui (SRI). Une remise en liberté provisoire sans doute conditionnée par la tension qui monte du côté des Bozizistes et le regard critique porté par le peuple centrafricain sur le caractère sélectif des arrestations en Centrafrique.

Selon certaines autorités politiques et judicaires centrafricaines, Francis Bozizé se trouve en Centrafrique de son propre chef. Le fils Bozizé aurait justifié sa présence pour des raisons de santé de sa mère et des problèmes financiers. Le pouvoir en place nie l’avoir invité. La présidence de la république affirme avoir signalé à Francis de quitter le territoire au risque de se faire prendre par la Minusca. Francis Bozizé s’est rendu vendredi dernier à la Minusca pour signaler sa présence dans le pays et si possible et si possible l’obtenir une protection onusienne. Le comble, il s’est fait arrêter vendredi 05 août 2016 en matinée par la Minusca avant d’être remis à la justice centrafricaine.

Pourquoi Francis et non Noureddine ?

D’après les brèves informations en possession de Kangbi-ndara relatives à cette affaire, les mandats d’arrêt émis par les autorités de la transition de Djotodia à SambaPanza ne visaient uniquement que le clan Bozizé. L’ancien Chef d’Etat Catherine Samba-Panza l’avait signifié dans une interview qu’elle a accordée à un média étranger si l’ancien président François Bozizé mettrait pied en Centrafrique, elle l’arreterait. Samba-Panza n’avait jamais dit Michel Djotodia ou le n°2 de l’ex Séléka Noureddine Adam. Seuls les Bozizé et certains de leurs proches greffés à la milice Antibalaka sont traqués tandis que certains criminels et chefs de guerre connus à Bangui et dans l’arrière pays ne sont inquiétés. En effet, aucun mandat d’arrêt n’a été formulé contre l’ex-Séléka même si les autorités centrafricaines actuelles affirment que tous ceux qui sont impliqués de près ou de loin dans la récente crise, de part et d’autre, seront traduits en justice. Ainsi le présumés chef de guerre du Km5 Aroun Gaye peut librement circuler sur l’’ensemble du territoire national tandis que Socrate Bozizé, un autre rejeton du président Bozizé doit se contenter des délices des voisins à l’autre rive de la rivière Oubangui.

Une première intimidation pour Touadera ?

Concernant l’’arrestation de l’ancien ministre de la Défense Francis Bozizé, de sources sécuritaires centrafricaines, il se serait servi à l’aéroport Bangui M’Poko d’un passeport dûment délivré par les services de renseignement français comportant évidemment sa photo à côté d’un nom fictif. Quand il quittait Nairobi pour Bangui, les autorités centrafricaines auraient signalé la trajectoire du fils Bozizé à la DGSE française qui aurait laissé faire pour ensuite faire pression pour son arrestation une fois sur le sol centrafricain. Aussi, une autre source à la présidence de témoigner que Francis affichait un comportement peu habituel du fait qu’il était arrogant lors de sa rencontre avec que le Chef d’Etat Faustin Archange Touadera avant son arrestation. Un haut fonctionnaire de l’Etat de rassurer que le président de la république est très prudent et lit clairement ce qui se trame actuellement. Evidement certains acteurs du régime actuel disent comprendre les enjeux des pressions gravitant autour de cette arrestation visant à fragiliser le pouvoir de Touadera en retournant contre lui la milice chrétienne tout en réorganisant d'autres bandes armées éparpillées dans l'arrière pays. Ainsi Touadera n’aurait pas d’autre option que de sa plier devant la France qui lui poserait en retour moult conditions. A priori, rien ne semble déséquilibrer l’ancien Premier ministre du dernier quinquennat de François Bozizé et l’actuel nouvel homme fort de Centrafrique qui reçoit de plus en plus des chinois intéressés par l’exploitation des ressources minières stratégiques en particulier le pétrole. D’ailleurs, les travaux de prospection du bloc A pétrolier vont de plus belles !

Johnny Yannick Nalimo/Kangbi-ndara

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