La cooperation Centrafricano - Russe depuis des annees 60

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  • INTERVIEW

Faustin-Archange Touadéra, président de la Centrafrique, a accordé un entretien à

France 24 depuis Bangui, la capitale. Il revient sur le regain de violence de ces dernières semaines dans le pays, notamment à Bangui, et dénonce "les bandits qui prennent la population en otage". Faustin-Archange Touadéra s'exprime également sur le nouveau partenariat de la Centrafrique avec la Russie

France24 : Monsieur le Président, bonjour?

FAT: Bonjour !

Les actualités de la capitale se définissent suite à l’opération « Soukoula » au PK5 ou une résurgence de violences se généralise ces derniers temps, alors Monsieur le Président quel est votre sentiment et comment vous comptez calmer les choses ?

Merci de l’opportunité que vous m’avez donnée pour répondre à cette question, de la résurgence de la violence dans la capitale. Depuis le 8 avril dernier, il y a eu une opération qui est une opération de Police pour arrêter des bandits qui sévissent dans le Km5 en prenant la population en otage et établissent de taxes aux commerçants. Malheureusement cette opération n’a pas atteint son objectif qui était d’arrêter le chef de guerre Force avec toute son équipe et se faisant, il y a eu beaucoup de manipulation suite à cette opération qui tendait à une tentative de confessionnalisation ou on faisait croire que s’était une activité dirigée contre une communauté notamment la communauté musulmane, ce qui est complètement faux parce que la population et les commerçants de PK5 se plaignaient des actions nuisibles de ces bandits qui occupaient et occupent encore cette partie de la capitale. Et bien attendu, nous avons pensé qu’il y a beaucoup de manipulation suite à cette opération. On a vu aussi dans l’arrière-pays ou un des groupes armés qui est descendu à Kaga Bandoro et voulant descendre sur Bangui prétextant de vouloir défendre la communauté de PK5.

Absolument, est ce que, c’est quelque chose que vous craignez si un des chefs de guerre du nord, ou on peut notamment citer  Nourredine Adams ou d’autre, qui en parlait de vouloir marcher sur Bangui. Vous pensez que c’est une possibilité ou quelque chose que vous craignez aujourd’hui ?  

Vous savez, il y a beaucoup de manipulation. Il faut le reconnaitre qu’Il y a des gens qui rament dans le sens contraire, des ennemies de la paix continuent leurs œuvres de déstabilisation de cette nouvelle démocratie qui s’installe. Sans plus tardé, je vais vous signaler le cas pourquoi je parle de manipulation ? Nous avons vu d’après cette opération quelque chose qui était programmée ou nous le sentons, un certain agent au nom de code Alpha a envoyé le message de mobilisation de tous les groupes armés  et de certains hommes politiques pour créer une plateforme de déstabilisation de l’État Centrafricain et du pays. Et c’est suite à cet appel Alpha, qu’Abdoulaye Hissen a cru bon de voir lever une troupe pour descendre sur Bangui. Et je crois que cet Alpha continue toujours son œuvre.  

Vous ne pouvez pas nous dire qui est Alpha ?

Oui, selon certains nombres des informations, il s’appelait Christophe Raineteau et éventuellement un certain Bernard Cousin et ça c’est connu. C’est eux qui sont derrière cette manipulation et qui touche pratiquement une grande partie de certains hommes politiques et une partie de la société civile et les groupes armés. Et heureusement que certains groupes armés qui sont actuellement dans le dispositif de l’initiative Africaine, n’ont pas voulu prendre part  à cette action et ont catégoriquement refusé de s’associer à Abdoulaye Hissen dans cette situation. Mais ça continu, vous voyez la situation de Fatima, ça rentre dans ce cadre-là aussi. Parce que cette situation  était préméditée pour justement soulever ce calme confessionnel que nous avons mis beaucoup de temps depuis la transition et les deux ans que nous avons passés, avec des actions de réconciliation et de cohésion sociale que nous mettons, de pousser la population à aller contre le Chef de l’État. Donc c’est une manipulation.

En ce qui concerne ce cadre que vous venez de décrire, ou il y a un nouvel acteur qui est arrivée sur le terrain. Il s’agit notamment des Russes qui sont arrivée dans le cadre de la décision du Conseil de sécurité de l’ONU pour équiper et entrainer les Faca. Alors est ce que vous pouvez expliquer exactement la présence des Russes ici en Centrafrique ?

Vous savez depuis juillet 2016, nous avons une mission de l’Union Européenne sur la mission EUTM qui est chargée de former les Forces armées centrafricaines. Et nous avons une nouvelle orientation de former une armée professionnelle, apolitique et Républicaine et c’est cette mission qui est à la charge d’unifier nos forces dans cette nouvelle vision. Et aujourd’hui, deux bataillons ont été formés depuis 2016. Malheureusement que ces bataillons, après leurs formations n’ont pas d’équipements. Vous  savez, nous sommes un pays sous embargo d’après les résolutions du Conseil de Sécurité, et donc nous devrions chercher à les équipés pour que ces éléments de nos forces de défense et de sécurité puissent remplir leur mission. Et c’est dans ce cadre-là que la Fédération de Russie a bien voulu nous octroyer des armes. Et cela s’est passé comme vous l’avez dit, au conseil de sécurité. 

Est ce que la Russie dans un premier temps avait posé un veto a la levée de cet embargo et la fournissant des armes a elle-même, c’est ça ?

Vous voulez que je vous donne certains nombres des éléments c’est bien ça !

Rapidement, pour qu’on comprenne le contexte ?

Le contexte est que, effectivement nous avons fait ce plaidoyer auprès de tous nos amis, notamment la France aussi qui a bien voulu nous donner des armes qui avait été saisie au large de la somalie et la demande a été faite au niveau du comité de sanction. Alors compte tenu de la résolution, que les armes saisies devraient être détruites, et c’est dans ce cadre-là de ne pas céder à un tiers. Dit donc dans nos échanges avec la Fédération de la Russie, que cette dernière a préféré qu’au lieu que ces armes-là qui étaient contraire aux résolutions du conseil de sécurité des nations unies nous soient données, elle va devoir accepter de fournir pour nos forces et, nous aider à les équiper.

En ce qui concerne cette présence Russe en Centrafrique, il y a des voies à Bangui notamment qui s’élèvent en se posant des questions, et vous avez rencontré le Président Russe, Vladimir Poutine récemment lors du Forum à Saint-Pétersbourg, alors ce nouveau partenariat Russe, pour vous ça va dans quelle direction et qu’est ce qui va se passer après ?  

Qu’est ce qui va se passer ? Vous savez, j’ai eu l’honneur d’être invité au forum économique de Saint Pétersbourg, par le Président Poutine que je remercie de cette invitation, et l’honneur qui a été fait à la République Centrafricaine. Nous avons profité de cet forum pour montrer les opportunités d’affaires en République centrafricaine, car c’est un pays qui sort de multiples crises, qui aujourd’hui travail pour appeler les investisseurs parce qu’il y a des possibilités d’affaires. Evidemment, nous avons rencontré le Président Poutine pour échanger et voir dans quelle mesure accroitre notre coopération.

Sur cet engagement, le volet militaire, est ce que la Russie est véritablement engagé au côté de la Centrafrique ou ça reste sur cette entrainement et fourniture d’armes ?

Vous savez, ce n’est pas aujourd’hui que la République Centrafricaine a une coopération avec la Fédération de la Russie, c’est depuis dans les années 60, d’ailleurs ici à Bangui l’Ambassade de la Russie est la plus grande et ça date des années 60 et ça nous a permis de rappeler cette période de coopération assez dense qui malheureusement a été réduite. Alors aujourd’hui, il y a une opportunité pour que nous puissions élargir et poursuivre cette coopération.

Vous avez également rencontré Jean Yves Ledrian ?

Oui

Et vous avez souvent critiqué le retrait anticipé selon vous, de Sangaris ?

A  l’époque nous avions dit que s’était assez prématuré, oui

Quelle est la situation aujourd’hui ? Qu’est-ce que vous vous êtes dit. Est-ce que la France reste engage au cote de la Centrafrique en cas de difficultés ?

Mais la France et la Centrafrique sont des pays amis. Nous avons toujours entretenu  et nous continuons à entretenir de très bonnes relations et aujourd’hui, il a eu un départ que nous qualifions de prématuré par ce que nous venons d’arriver et la Sangaris qui était quand même une force importante a réussi avec la Minusca à bloquer les violences au fort moment de la crise dont les groupes armés n’étaient pas encore désarmés et la Sangaris est partie. Alors nous avions regretté que s’était prématuré. Évidemment, il y a bien d’autres forces qui sont parties, mais aujourd’hui, la place est à tous nos amis et partenaires que nous les sollicitons de venir nous aider parce que nous sommes dans une phase de reconstruction ou on a besoin de soutiens de tous nos amis et tous ceux qui veulent nous aider, d’ailleurs nous sommes demandeur dans ce cadre-là.

Quant aux questions qui sont posées par le parlement, la plateforme interreligieuse, et la société civile sur cette présence Russe, qu’est-ce que vous avez à leur dire, disant c’est quoi le message que vous voulez leurs passer ?

Quelle est la question posée par la société civile ?

Les inquiétudes ?

Quelles sont les inquiétudes ?

On vous demande manifestement de clarifier cette présence Russe, a quoi elle sert etc… ? Vers quoi allons-nous notamment avec les Russes ?

Mais aujourd’hui, nous devons remercier la Fédération de Russie qui a octroyé pour nos forces de défense et de sécurité des armes qui aident notre armée. Vous savez que suivant les résolutions du conseil de sécurité tout au moins le comité de sanction, il y a un certain nombre de réserve puisque le matériel qui est livré tien compte à la capacité et à la formation de nos Faca à l’utilisation de ces armes. Alors nous avons fait des requêtes auprès de la Fédération de Russie de mettre à notre disposition des instructeurs dans ce cadre-là.

Monsieur le Président, merci !

C’est moi qui vous remercie infiniment.

 

Propos recueillie par James André de France24 et

scriptes par Simplice MOGO SAGE / Le Facteur

 

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